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Biographie

Bernadette Broussal, Artiste peintre née en 1981 à Paris.


PREMIERS PAS DE DANSE

J’ai commencé à m’exprimer dans la danse : premier cours de danse classique à 5 ans, comme beaucoup de petites filles ! Mais l’unique intérêt de la technique ne me plaisait déjà pas. Alors 2e essai dans un cours municipal de danse jazz, et puis finalement, je suis entrée à 7 ans au Conservatoire d’Issy-les-Moulineaux, ville où j’ai grandi, en classe de danse contemporaine dirigée par Claire Laronde. C’est auprès de Claire que j’ai appris qu’après l’apprentissage pouvait arriver l’expression et la création !

J’ai suivi le cursus de danse contemporaine et à 17 ans, je passe mon Premier Prix avec succès. Ce cursus a été riche en expérience. Bien que jeune danseuse, Claire Laronde me fait participer à des performances et des représentations publiques et je profite de diverses opportunités pour créer mes propres compositions chorégraphiques.

 

1996 : Obtention du diplôme de fin d’études de danse contemporaine avec mention Très bien, avec une improvisation collective, l’interprétation d’une chorégraphie de Michèle Mental et la présentation de A l’ombre, près de la fontaine..., solo (musique de Charles Koechlin), composition personnelle. Participation au ‘Quatrième Festival de la danse’ – Centre culturel de Boulogne-Billancourt, dans le cadre de l’UCEM 92, avec Attente, pièce pour 10 danseuses.

1997 : Création de Atmosphère tranquille, solo.

1998 : Obtention d’un premier Prix de danse contemporaine au Conservatoire national d’Issy-les-Moulineaux, avec une improvisation collective, l’interprétation d’une chorégraphie de Maïté Fossen, et la présentation de Sens unique, solo sur une musique de Wolf Lintz, comme composition personnelle. Participation à la ‘Soirée Jeunes Talents’ d’Issy-les-Moulineaux avec Les Esprits de la Nature, chorégraphie pour 13 danseuses, de Claire Laronde.

1999 : Création de Chapitre premier : pensée singulière, solo présente au Regard du Cygne – Paris. Participation dans Mascarade, une pièce en collaboration avec l’orchestre de la Musique de l’Air, présentée au Palais des Arts et des Congrès d’Issy-les-Moulineaux, ainsi qu’aux Arènes de Montmartre – Paris. Présentation de Bleu, une pièce pour 10 danseuses, de Claire Laronde au Regard du Cygne – Paris. Participation à la ‘Soirée Jeunes Talents’ d’Issy-les-Moulineaux.

2000 : Création de Der klein Arlekin, duo en collaboration avec Marine Jouhaneau, danseuse, et Susanne Motais, instrumentiste, sur une pièce musicale composée initialement pour une danseuse-clarinettiste par Stochkausen. Présentation de la pièce au cours de la ‘Soirée Musique contemporaine’ et de la ‘Soirée Jeunes Talents d’Issy-les-Moulineaux’. Présentation des Durées du temps. Réalisation d’un duo improvisé avec Marie-Cerise Risacher, danseuse-plasticienne et présentation de Vibrato de l’intérieur, improvisation solo sur une musique de Joëlle Léandre, dans le cadre des manifestations du Salon d’Art contemporain de La Baule.

2001 : Participation au Concours de danse contemporaine de Saint-Cloud avec Rencontre, une chorégraphie pour 3 danseuses, de Pascale François. Participation à la ‘Soirée Jeunes Talents’ avec Solo, création solo sur une musique de Nils Okland et Trace, improvisation sur le mouvement dansé et la figure plastique du dessin (direction: Claire Laronde).

2003 : Création d'un solo improvisé et accompagné a capella des chants de Manuel de Falla interprétés par Monique Penharum. Plusieurs représentations à Issy-les-Moulineaux au Conservatoire national et à la Chapelle de l'Hôpital Corentin Celton.


 

 


APPRENTISSAGE DE LA PEINTURE

En 1998, alors je prépare un baccalauréat scientifique, je m’inscrits à l’Atelier de peinture de Geneviève Normand... parce que le lycée que je fréquentais n’autorise pas à prendre l’option Arts plastiques dans les sections scientifiques !

Chez Geneviève, je réapprends la ligne, la courbe, les couleurs. Puis les arbres, la montagne, les vides de la peinture chinoise, l’eau de l’aquarelle, la fragilité du pastel sec… Avec la philosophie de la Méthode Martenot, j’apprends TOUT, méthodiquement et studieusement. Des pommes ? j’ai dû en faire pendant 6 mois ! Des bambous à la manière chinoise ? Des pages entières de gammes, d’erreurs et de recommencements.



Puis je découvre l’huile en 2001, et la technique dite « mixte ». A la manière des anciens, je commence à monter des couches fines de résines diluées et d’huile… J’expérimente la surface collante, les glacis transparents et les empâtements du blanc broyé. La technique de l’huile devient un outil d’expression que je pratiquee encore avec plaisir et perspicacité !


 



A travers ce parcours, mon regard d’apprentis-artiste se porte vers les maîtres, des volumes voluptueux de Lempicka au dessin et à la couleur de Matisse, de la poésie de Zao Wou-Ki aux constructions abstraites de Viera Da Silva… Si de nombreux professeurs et artistes dénigrent la peinture de ceux qui travaillent "d’après modèles", il n’en est pas moins que ce que l’on apprend des autres artistes est essentiel ! Les peintres nous donnent leurs solutions, comment ils ont réussi à créer l’idée d’une matière, à faire coordonner les formes par déformation, à marier les nuances et à monter des systèmes graphiques cohérents… Les photographes nous donnent un cadrage autre que celui de nos 180° de vision. Ils attrapent un détail de la réalité, poussent les contrastes d’ombres et de lumières, se jouent de l’insolite des situations… Regarder les matières écorchées des graveurs ; et des sculpteurs, les volumes qui forme des ombres… Et que dire des artistes abstraits ! si ce n’est que de dépasser la forme connue et narrative !

 

Cet apprentissage est doublé par la théorique : je fréquente pendant 2 ans l’Institut d’études théoriques et historiques des objets d’art (Ideth-EAC, option peinture) avec le projet de faire carrière dans l’expertise et la vente de peintures contemporaines. C’est la passion de mes professeurs qui me reste en souvenir : experts en tapisserie, en livres anciens, en céramiques d’Asie, en histoire du jouet, en objets de l’antiquité grecque… 2 ans où jeunesse de passe !

Pendant mes études, je rencontre Cécile Coutant, artiste peintre dans le cadre d’un stage : elle cherche à exposer, je cherche à connaître les rouages du marché. Je lui monte 2 expositions en 2000 à Paris et à St-Germain-en-Laye.


D’avoir parcouru les galeries, les salles municipales et autres lieux d’expositions parisiens m’a fait prendre conscience de plusieurs questions insolubles : comment l’artiste peut négocier la diffusion de son art, dit aussi « production », comment établir un prix quand quelques centaines de francs sont déjà bienvenus, comment conserver sa propre pertinence alors que l’on expose au milieu d’un « marché » de plusieurs centaines d’artistes… ?


 

RENCONTRES ET PREMIERES EXPERIENCE

 
A la fin de mes études à l’Ideth, j’entre dans l’association Arquemuse dont le but est d’informer les artistes sur leur statut. Je vais y rester près d’un an sur l’administration générale et la mise en œuvres de projets tels que la base de données en ligne qui répertorie les informations à l’intention des artistes : formations, financements, concours, associations-relais… Le but d’Arqemuse, devenu « Neocortex », est d’aider les artistes à connaître et maitriser le statut d’artiste-auteur-indépendant, qu’ils soient affiliés à la Maison des artistes ou à l’Agessa, tirant leur principale ressource de leur art ou pas.

En 2002, l’Association française du cinéma d’animation (Afca) me propose de travailler sur leur base de données : l’Animannuaire, édité cette même année. Je suis finalement resté 5 ans attachée à de nombreuses fonctions : gestion administrative, logistique et comptable de l'association (trésorerie, comptabilité, bilans annuels), gestion des données sociales et fiscales (payes), rédactions et analyses de documents officiels (suivi des missions, compte-rendu d'activité...), rédaction de l'agenda pour La Lettre d’information de l’Afca et du site Internet, gestion de la Boutique de l'Afca à Paris et la vente en ligne d'œuvres originales, gestion des adhérents et des bases de données… Bref, une mise en condition professionnelle tout à fait respectable !


Je retiens une chose parmi d’autres : j’ai rencontré des réalisateurs d’animation qui ne se sont pas ‘noyés’ dans la prétention « d’avoir créé » (et souvent de petits chefs d’œuvres !). Ce sont des ARTISANS plus que des artistes. Artisans du trait ou du volume, ils se sont attablés avec leurs calques, leurs structures de métal ou leur pellicule, puis ils ont travaillé l’image, l’histoire, le rythme, le son… Et souvent, ils travaillent en équipe : tous dans le même bateau, comme on dit !


Chez beaucoup des artistes que j’ai croisés, l’individualisme est fort prononcé… Il m’y manque une chaleur d’esprit et une humilité pour écouter (et recevoir ?) l’autre… Je souhaiterai encourager les échanges et mettre dans les règles de l’art l’Humilité.


- Et l’art dans tout ça ?


Je poursuis chez Geneviève Normand et traverse de très nombreuses propositions picturales : le gros plan, la monochromie, la géométrisation, l’écriture…

En 2001, je commence à fréquenter l’atelier de Cécile-Alma Filliette, artiste-voyageuse, pédagogue sans équivalent pour faire écouter ce que dit le bout du pinceau autant que pour inviter à "pratiquer" la matière. J’y expérimente l’épure, le collage, la profusion de matières, les techniques moins nobles (acrylique, colle à papier peint, récup…). Je fréquente d’autres ateliers pour questionner mes acquis et trouver d’autres idées… Je peints, j’apprends, je recherche… avec appétit !


Et c’est avec ces outils à la fois traditionnels et insolites, que je m’arme pour entrer dans des projets plus personnels…

 











le trait… la matière…










la brillance… le collage…








le Mandala…

 








l’objet...

 
 

Cette même année, je commence à enseigner, d’abord la danse : J’interviens dans des ateliers culturels à Colombes avec des enfants scolarisés en classes de primaire, en danse contemporaine.


Puis j’interviens dans ateliers de loisirs créatifs pour enfants pour la société d'événementiel Kémys, puis pour d’autres agences : puzzles à peindre, déco-patch, bougies, pantins et marionnettes, chapeaux, bijoux…



En janvier 2005, je danse et inspire les gestes du peintre de "Trace de Lumière", chorégraphie improvisée pour 4 danseurs et 1 peintre, de Claire Laronde, Théâtre Dunois.

Je pratique la méditation et apprends la Méthode Danis Bois (Fasciathérapie) en danse sensorielle et thérapie du mouvement. Puis je fais un tour par l’art-thérapie en 2006 à l’Atep-Cefap dans l’intention d’enseigner avec un peu plus d’écoute de l’autre.




Je propose des stages ponctuels de collages à l’Atelier Geneviève Normand en 2006 et à l’association Pigments et arts du monde où je deviens membre puis professeur de peinture à l’huile en 2007.

 
- Et la peinture dans tout ça ?

 

PEINTURE ET COLLAGE

Je développe un travail autours des collages. Le premier thème qui a porté mes expériences a été « La Paix ». Après réflexion mes collages ont vite basculé vers la noirceur de la guerre. Oui ! je ne sais pas ce qu'est la paix… si ce n'est l'absence de guerre !

Je retrouve dans ce travaille le collage de matière de récupération, mais aussi l’encre de chine et les transparences des papiers de riz. Le pigment n’est plus collé au vernis Damar, mais directement jeté sur le Caparol… Un travail spontané uniquement conduit du le choix de la première tâche à celui du geste ultime.

Ce travail a été exposé en septembre 2005 puis l'année d'après, à Issy-les-Moulineaux.





Le premier ensemble des toiles a été accompagné d'un extrait de
« Dans l'abri-caverne » de Guillaume Apollinaire :


Moi j'ai ce soir une âme qui s'est creusée qui est vide
On dirait qu'on y tombe sans cesse et sans trouver de fond
Et il n'y a rien pour s'accrocher
Ce qui y tombe et qui y vit c'est une sorte d'êtres laids qui me font mal et qui viennent de je ne sais où
Oui je crois qu'ils viennent de la vie d'une sorte de vie qui est dans l'avenir dans l'avenir brut qu'on n'a pu encore cultiver ou élever ou humaniser
Dans ce grand vide de mon âme il manque un soleil il manque ce qui éclaire


En 2006, de grands collages naissent à l'atelier, toujours d'expression abstraites mais d'une plus grande épure dans les matières choisies (exposés en septembre 2006 au PSTI, Issy-les-Moulineaux).


Venant d'une formation (et d’un goût) classique intégrant le dessin, les réalisations naturalistes et les techniques traditionnelles telle que l'huile, il m’a paru dommage de ne pas me servir de ces connaissances. Aussi, j’aieu besoin de soutenir ce travail d'un thème, afin de mieux fouillé le collage : La Grande Ville.
 


LA GRANDE VILLE, PAYSAGES URBAINS

La Grande Ville donne à l’œil et à la main une complexité de forme parce que composée de détails illisibles de loin, différents au possibles de près. Une série de grandes villes est née. J'ai essayé plusieurs façons de traduire la Grande Ville, m'attachant à celle que je connaissais le mieux : Paris. Grattage des couches du collage pour découvrir le blanc du premier support là où la lumière était nécessaire, étalant des glacis d'huile pour assourdir les différentes marques du collage et créer des surfaces uniformes, dessinant à l'encre… Je suis parfois revenue à la traditionnelle toile peinte à l'huile, laissant des silhouettes plus pures se former. Des toits, des rues, puis des usines et des ports… puis d’autres systèmes architecturés.


Chaque erreur est un apprentissage, et c'est en cela que ce n'est pas une erreur mais un travail de recherche. Mon œil apprend à chaque coup de pinceau à mieux voir, à mieux déterminer là où je vais. Ma main trouve comment transposer sur le papier le foisonnement des lignes de la ville, les silhouettes de ses habitants.


Mon esprit questionne ma mémoire pour savoir de quelle technique je vais tirer le meilleur rendu. Au final il reste le sentiment d'une ville longuement scrutée. Le jeu des couleurs décrit la chaleur, les odeurs, les bruits. La vibration des lignes développe son rythme, son peuplement.


Sur la toile vierge, je colle des papiers, des matières que je récupère, des emballages, des fils maintenant détachés, des tissus dont la vie a fini là…

Je fais pencher le collage dans un sentiment de couleur en jetant dessus des encres, en grattant de l'acrylique, en épongeant le surplus aux endroits choisis…

Le séchage absorbe la brillance, opacifie les transparences, révèlent les sous-couches…



Sur cette peau déjà bien chargée, je trouve la première accroche de mon trait, celui qui dit « il était une fois… ». Le trait se déroule, s'accrochant sur les reliefs du collage. Je laisse dévier ma main, je laisse les silences, je n'essuie pas les gouttes, je continue d'avancer, découvrant ce que les aspérités du collage permettent de dire ou pas. Le dessin vibre d'une façon propre à lui-même, la matière donnant une résistante au tracé nécessaire à affirmer sa direction ou a en choisir une autre. Les hésitations du trait sont aussi sincères que l'hésitation du regard sur l'objet de son étude et que la compréhension sur l'objet de sa découverte.



Traduire une multitude de détails dans une masse cohérente, faire un choix dans les lignes, organiser les gestes, se souvenir de la cohérence spécifique du sujet… pour rendre ma traduction la plus éloquente et fidèle au sentiment que je porte face au sujet. S'il me faut tricher, je triche en regardant, en retournant vers la source de ce sentiment, en refaisant sa rencontre. Il faut tricher « juste » ! Entre la rue et l’atelier, il faut garder un bonne multitude de détails en souvenir et répertorier dans un carnet de croquis le maximum de notes pour traduire le rythme spécifique de l'univers que ma main essaye de retraduire à l'atelier.


ACTUELLEMENT

Actuellement, je me consacre à CETTE peinture : graphisme des paysages industriels et portuaires… composition des éléments de la ville (immeubles, toitures, perspectives des rues…), impression visuelle des agencements urbains…

En plus, j’utilise mes connaissances de gestion administrative pour d’autres structures culturelles. Et je monte parallèlement des projets d’ateliers pour enfants, entre autre auprès de l’association Mom’Arte : Citoyens du monde – l’Afrique (2008), et en 2009 « Marionnettes fantastiques » (papier à la cuve) et « Jeu des 7 familles » (objets détournés)...

J’enseigne à l’atelier Geneviève Normand et l'atelier ABC.

Et je profite au maximum de toute accoasion d’échanges avec les autres artistes : expo, cours...

Ces échanges enrichissent ma pratique personnelle et j’y trouve des solutions plastiques pertinentes et nouvelles.

 

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